Le crime paie

La cybercriminalité est en pleine croissance, et investir dans la lutte contre le fléau peut rapporter gros…

Qu’on en juge : plus de 100 milliards de dollars US seront investis dans la prévention de la cybercriminalité dans le monde cette année.

Les grandes marques telles Microsoft, qui y consacre 1 milliard de dollars US, ou JPMorgan, qui vient de doubler son budget contre le cybercrime à 500 millions de dollars US, mettent de plus en plus le paquet pour contrer la menace.

« Ajoutons à cela qu’il y a déjà 20 milliards d’appareils connectés sur les réseaux, un nombre qui atteindra 75 milliards dans les 5 prochaines années », et les conditions sont réunies pour que le crime numérique soit la grande priorité des entreprises, explique Raj Lala, président et chef de la direction des FNB Evolve.

 

  • Un rendement élevé

Spécialisé dans les FNB gérés activement et l’investissement thématique, le petit manufacturier torontois offre présentement le meilleur FNB d’actions au pays en terme de rendements. Le FNB Indice de cybersécurité inscrit au TSX sous la cote CYBR a été lancé en septembre 2017 et affiche un rendement de 29% depuis son inauguration.

Il a gagné 20% cette année.

Son actif sous administration est de près de 26 millions de dollars. Ce qui est bien peu comparé à ses grands frères américains, notamment le ETFMG Prime Cyber Security ETF, lancé en 2014 au NASDAQ sous la cote HACK, qui a amassé 1,4 milliard de dollars US dès sa première année.

« L’un des obstacles, c’est que les gens lisent à propos d’une cyberattaque et ne font pas tout de suite le lien avec le potentiel d’investissement que cela peut représenter », analyse Raj Lala, qui a fait ses classes chez WisdomTree, et auparavant chez Fiera Capital comme premier vice-président, avant de fonder Evolve au début de 2017.

 

  • Un secteur de croissance

Alors que les premiers cybercrimes, voici 20 ans, étaient surtout des intrusions dans les systèmes ou simplement des virus, « aujourd’hui il y un modèle économique pour le cybercrime. Les arnaques de type rançonnage en sont un exemple », poursuit M. Lala.

C’est dans ce contexte que tant la protection que les entreprises qui s’en font une spécialité sont en pleine explosion, avec des rendements de plus de 40% dans la dernière année pour les plus importantes positions du FNB Indice Cybersécurité.

Et la source n’est pas près de se tarir : le crime augmente, les pertes économiques aussi, et parallèlement les entreprises qui le préviennent. « Sans compter que la lutte au cybercrime, dans une entreprise, dispose d’importants budgets : avec tous les risques réputationnels et économiques qu’une intrusion ou qu’un vol de données comporte, l’entreprise qui n’investit pas assez serait mal vue », poursuit Raj Lala.

 

  • L’Indice Cybersécurité

Evolve a donc lancé son FNB pour profiter de la manne. Les 36 titres contenus dans l’indice, développé par Evolve en collaboration avec l’ingénieur indiciel allemand Solactive sont pour l’essentiel américains, avec quelques sociétés israéliennes, japonaises et hollandaises.

L’indice intègre des titres de sociétés qui ont une capitalisation boursière d’au moins 100 millions de dollars, et dont les volumes quotidiens de transaction atteignent au moins 2 millions de dollars depuis 3 mois.

Le rééquilibrage est trimestriel, et la capitalisation moyenne des titres de l’indice est de 6 milliards de dollars.

Il s’adresse aux investisseurs de style croissance qui veulent mousser leur exposition aux actions internationales dans le secteur des technos. Son RFG est de 0,55 %.

 

  • Le FNB dans le portefeuille

Raj Lala cautionne contre l’utilisation du FNB pour diminuer le risque posé par l’exposition d’un portefeuille à la techno. Ou pour ajouter à la portion croissance, comme actif faisant jouer la corrélation nécessaire à un portefeuille diversifié. « C’est un investissement thématique. Nous suggérons surtout aux conseillers de remplacer une petite partie de leur exposition aux technos par une exposition au secteur du cybercrime, avec notre FNB. »

Raj Lala relate que ce sont surtout les conseillers qui construisent leur portefeuille modèle de façon thématique qui peuvent y trouver leur compte. Et ce, à des fins de diversification, mais non pas de gestion du risque.

Le produit est nouveau, le secteur mal connu, mais le potentiel important et les rendements jusqu’ici particulièrement juteux. Dans l’immédiat, la faible popularité du produit—et de la thématique d’investissement—serait plutôt causée par la nouveauté,

« D’après ce que nous entendons sur le terrain, les conseillers n’offrent pas encore le produit sur leur tablette surtout parce qu’ils ne sont pas certains de la meilleure façon de l’intégrer dans leur portefeuille », conclut Raj Lala.

 

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