Trop de « zombies » en bourse

La faible productivité des sociétés canadiennes menace la santé de l’économie… et des marchés boursiers…

Une compagnie publique sur 7 ne génère pas suffisamment de revenus pour éponger sa dette.

C’est ce que révèle une étude mesurant la productivité de plus de 700 entreprises canadiennes, réalisée par Deloitte.

Une société « zombie » en est une dont le capital est gelé et dont la croissance n’est pas au rendez-vous. Selon l’étude de Deloitte 16% des sociétés cotées en bourse au Canada sont des compagnies qui ne progressent tout simplement pas.

Au point de miner la productivité canadienne.

« Cette proportion est supérieure de 60 % à la moyenne mondiale de 10 %, ce qui témoigne de la vulnérabilité de nombreuses entreprises canadiennes à l’égard des secousses économiques et des perturbations technologiques », s’inquiète Deloitte.

Selon l’OCDE, une entreprise « zombie » est une société mature, comptant plus de 10 ans d’âge, et « dont les bénéfices sont insuffisants pour assurer le paiement des intérêts sur ses emprunts, mais qui parvient tout de même à survivre ».

Ces sociétés sont un frein à la productivité, privant d’autres entreprises de capitaux et de talents, en plus d’entraver la croissance d’entreprises plus jeunes et plus dynamiques.

Au pays, 350 compagnies inscrites en bourse répondent à cette définition.

In Canada, Deloitte looked at 2,274 companies listed on the TSX and TSX Venture Exchange from 2015 to 2017, and found that 350 firms fit the definition.

Ce qui inquiète davantage les consultants de Deloitte, c’est que ces compagnies illustrent que malgré tous les signaux misant sur l’importance de l’innovation et de la productivité envoyés ces dernières années, le tissu industriel canadien n’a pas écouté. Avec pour résultat que quelque 130 milliards de dollars sont gelés dans des entreprises qui tirent l’économie canadienne vers le bas.

Ainsi, à peine plus de la moitié des entreprises canadiennes sondées par Deloitte ont un objectif clair au-delà de la simple génération de revenus. Par ailleurs, on a du mal à investir à long terme : seulement 20 % des entreprises investissent dans des produits et des services qui ne seront pas mis en marché avant au moins un an.

Alors que la mondialisation est sur toutes les lèvres, seulement 3,6 % des entreprises canadiennes recourent à l’exportation. Deloitte observe en outre que 48% des entreprises investissent pour développer de nouveaux marchés à l’extérieur du pays.

Plus troublant encore, « seulement 19 % des répondants au sondage ont indiqué avoir des processus en place pour mettre à l’essai et promouvoir les innovations ».

Enfin, moins de la moitié des entreprises disent investir dans les talents et les technologies dont elles auront besoin à l’avenir.

Ces entreprises ne sont pas les seules à tirer l’économie canadienne vers le bas. En effet, la productivité du secteur financier canadien est l’une des pires de l’OCDE. Le Canada se retrouve ainsi en queue de peloton dans une récente étude sur la productivité du secteur financier de divers pays industrialisés. Le secteur financier canadien se classe 8e sur 12 pays comparables quant à la valeur générée par chaque emploi dans le secteur financier.

 

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