Montréal déploie son expertise blockchain

Un centre dédié au déploiement des technologies de la chaîne de bloc voit le jour dans le Vieux-Montréal.

Le cabinet de services-conseils Raymond Chabot Grant Thornton inaugurait le 9 mai le BlockHouse, un centre d’excellence consacré à la chaîne de bloc (blockchain) et à la cryptographie appliquée.

Alors que le numérique continue de bouleverser le monde financier, les transactions sont en voie de passer à la vitesse supérieure grâce notamment à la chaîne de bloc, également connue sous le nom de « registre distribué ».

Des blocs de données répartis sur plusieurs serveurs décentralisés permettent d’échanger en temps réel toutes sortes de données ayant une valeur. « Pour l’industrie financière, on peut améliorer le traitement des transactions, l’authentification ou la sécurisation des données sensibles, tout en réduisant les intermédiaires », explique Louis Roy, associé de RCGT et leader de l’initiative blockchain pour le cabinet.

RCGT lançait l’an dernier une filiale dédiée à cette technologie l’an dernier, Catallaxy, servant de point de chute pour la formation, le développement et le déploiement de la chaîne de bloc à Montréal.

« Nous sommes passés de la phase de la conception et de la preuve de concept au déploiement », poursuit Louis Roy. Maintenant, quiconque a des projets ou des besoins peut s’adresser au Blockhouse et obtenir soutien et formation pour le déploiement ou l’utilisation de la chaîne de bloc.

Les transactions, l’authentification et la sécurisation des données est l’avantage central de la chaîne de bloc. On rend par ailleurs les transactions plus transparentes et plus fiables, faisant en sorte que non seulement les institutions financières s’y intéressent, mais également les régulateurs et les banques centrales.

L’utilisation de plus en plus fréquente des crytpomonnaies, rendues possibles grâce à la technologie blockchain, pose les premiers défis pour le monde financier, alors qu’il faut notamment évaluer la cryptomonnaie à sa juste valeur. RCGT vient d’ailleurs de compléter son premier audit financier d’actifs composés essentiellement de cryptomonnaie.

Établir la juste valeur et les détenteurs de parts, comme on le fait lors d’un audit de fonds commun de placement par exemple, requiert des processus de contrôle et d’évaluation spécifiques à la cryptomonnaie.

En Commission des finances publiques, fin avril, le PDG de l’AMF Louis Morisset disait remarquer que plusieurs jeunes entreprises levaient des fonds sous la forme de cryptomonnaie. Plusieurs émissions se font ainsi avec de la cryptomonnaie, qui devient ainsi une valeur mobilière.

RCGT veut se positionner en tête des vérificateurs spécialisés en cryptomonnaie. Tout en établissant une tête de pont pour l’implantation de la technologie de la chaîne de bloc.

D’où la création du Blockhouse, un « hub » de 6 500 pieds carrés où tous les acteurs peuvent converger et repartir avec des idées, des conseils, voire des applications. Conférences, séminaires et formations hebdomadaires sont au menu du Blockhouse.

Les chaînes de blocs sont déjà au menu des grandes institutions financières. Le mois dernier, la Banque Nationale annonçait d’ailleurs sa participation à un projet pilote : une émission de dette de 150 millions de dollars US servira à simuler des transactions utilisant la technologie.

Le PDG de la Nationale Louis Vachon expliquait lors de sa récente assemblée des actionnaires que la banque utiliserait une plateforme de négociation de J.P. Morgan pour évaluer l’impact de la technologie pour les souscripteurs et les mainteneurs de marché.

Montréal héberge la négociation de produits dérivés au pays, attirant justement de nombreux mainteneurs de marché qui s’installent dans l’ombre de la Tour de la Bourse, Place Victoria.

« On veut positionner Montréal en amont de la déferlante du blockchain, explique Louis Roy de RCGT. Nous avons de l’expertise en encryption, et des startups qui ont plein d’idées » pour le déploiement de produits et services basés sur les chaînes de blocs.

Sans compter que Montréal est l’une des places fortes mondiales pour la finance, dont l’industrie mise par ailleurs beaucoup sur le développement des fintechs.

Dans l’immédiat, plusieurs entrepreneurs auraient tenté d’obtenir d’importants blocs d’énergie à rabais de la part d’Hydro-Québec, le minage de cryptomonnaie étant particulièrement énergivore. Un moratoire relatif à de telles ententes a d’ailleurs été décrété par le ministère des Ressources naturelles.   

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