PL141 : À qui la faute?

Tout ça…pour ça! C’est un peu la conclusion dans les coulisses du Parlement de la saga de la loi 141 qui vise à améliorer l’encadrement du secteur financier québécois.

Profession Conseiller a laissé retomber un peu de poussière autour du projet de loi controversée avant de revisiter ses sources dans ce dossier qui sont d’avis que le projet adopté le 13 juin est un échec au plan législatif et politique.

Lors du bilan de fin de session du caucus du Parti Libéral du Québec, le ministre des Finances, Carlos Leitao a même été interpellé par des députés mécontents qui considèrent que la stratégie adoptée par l’économiste et certains de ses commentaires ont donné des munitions aux partis d’opposition à la veille des élections qui seront déclenchées cet automne.

« Il faut le faire, dans la même semaine (Carlos) Leitao a réussi à faire passer Nicolas Marceau (député péquiste de Rousseau et porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances) comme un sauveur et s’est mis les groupes de protection des consommateurs à dos en les traitant d’ignorants », nous a confié un haut fonctionnaire issu du personnel politique de la machine libérale.

Un professionnel de haut niveau qui a conseillé le cabinet du ministre dans l’élaboration de la loi est sa défense devant la commission des finances publiques parle de 141 comme un  « gaspillage de temps monumental» car à son avis l’objectif premier, faire de l’Autorité des Marchés Financiers un guichet unique pour la réglementation du secteur, n’est pas atteint.

« Les Chambres demeurent en place et pour l’instant elles sont confortées par la situation. La remise en question du modèle d’autoréglementation n’est pas prête de se faire au Québec. Dieu merci Desjardins a obtenu ce qu’il voulait au chapitre de la stabilité systémique, mais pour tout le reste c’est du window dressing sans véritable conséquence.»

En marge de l’adoption de PL141 Carlos Leitao, qui a vite appris qu’en politique le blâme est un produit qui a le mérite d’être partagé, a d’abord pointé du doigt son sous-ministre adjoint aux politiques relatives aux institutions financières Richard Boivin, qui a son avis a pondu un projet de loi trop gros et ambitieux et l’a abandonné quand est venu le temps de concevoir une stratégie pour le vendre aux parties prenantes.

Parmi les autres joueurs clés qui sont blâmés par le ministre et le chef de cabinet de Philippe Couillard, Jean-Pascal Bernier on compte Guillaume Caudron, le chef de cabinet de Leitao qui n’a pas suffisamment joué d’interférence pour protéger son ministre, et Laurent Fafard le conseiller économique du premier ministre qui de l’avis du haut fonctionnaire « a démontré son incompréhension totale du terrain financier québécois ».

Le seul qui échappe aux critiques est Luc Monty, l’ineffable sous ministre aux Finances depuis 2011 qui traverse les régimes sans broncher et qui avait poliment conseillé à son ministre de réduire la portée du projet de loi 141 dès septembre dernier.

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