Le PL 141 veut-il éliminer les conseillers ?

Pour Daniel Guillemette et Tristan Laliberté, la réponse est assez évidente. Et il ne faut pas se contenter d’attendre de recevoir le coup sur la tête…

« Ce que le ministre Leitao, Desjardins et l’AMF veulent mettre en place, c’est la vente directe du manufacturier au consommateur », déclarait Daniel Guillemette lors du lancement d’Asteris, le 12 avril dernier.

Alors que dans le modèle actuel, les MGA/firmes de courtage et conseillers se trouvent entre les deux.

Qui disparaîtra en premier ?

« Selon vous, qui disparaîtra en premier? » demande-t-il à l’auditoire.

Plusieurs voix répondent : « Les MGA », parce qu’ils risquent de très rapidement se retrouver au même niveau que les manufacturiers si le nouveau schéma de distribution venait à se mettre en place.

« Un tel scénario enlèverait beaucoup de place à l’objectivité », déplore son co-conférencier Tristan Laliberté.

« Arbitrage déontologique »

Force est de constater que plusieurs marques font déjà de la vente en ligne. Empire Vie, Sun Life, BMO, WinQuote, RBC, etc.

Et de montrer un exemple de formulaire de soumission à l’écran, où l’on constate que le consommateur est invité à indiquer le montant de couverture qu’il souhaite :

« Je confirme que je connais le montant de protection dont j’ai besoin », lui demande-t-on de cocher.

L’ABF se résume-t-elle à ça ? Mais oui ! Pas d’ABF obligatoire avec la vente en ligne ! Sauf si le consommateur le demande. Puisque la LDPSF, qui oblige le représentant certifié à faire une ABF avant de donner des conseils et de vendre un produit, ne s’applique pas aux assureurs qui font une offre directe.

Si le PL 141 était adopté en sa forme actuelle, il viendrait enfoncer le clou : les assureurs ne seraient plus obligés de mettre le consommateur qui magazine en ligne en relation avec un représentant certifié, mais avec une « personne physique ».

« L’AMF exige beaucoup de nous. Comment ça se fait qu’elle accepte ce genre de chose sur le Web? » s’insurge un participant.

La réponse de Tristan Laliberté : on peut parler d’ « arbitrage déontologique ».

« L’AMF a-t-elle reçu des pressions pour éliminer les conseillers ?» questionne un autre.

« Je ne crois pas, répond Daniel Guillemette. Je parlerais plutôt d’over-reaction. Les conseillers subissent les dommages collatéraux de 2008. Ils sont perçus comme des bibittes dangereuses… Sans parler des commissions, qui sont devenues un concept très négatif, qu’on a de plus en plus de mal à justifier… »

 

 

Avec Jean-François Parent

 

 

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