Le huard prend de la vigueur, mais encore ?

La hausse du dollar canadien par rapport au billet vert pourrait n’être qu’un feu de paille causé par l’euphorie d’un nouvel ALENA.

Au lendemain de l’annonce d’un accord commercial canado-américain, le huard connaissait une poussée de croissance.

Flirtant depuis plusieurs mois avec un creux de 75 cents US, le voilà qui a gagné un sous en moins de trois jours.

En effet, il remontait à 78 cents US en fin de journée le 1er octobre. Selon les prévisionnistes de la TD, le fait que l’incertitude causée par les négociations cahoteuses des dernières semaines ait enfin été levée a permis au huard de prendre de la valeur.

Et si les marchés escomptent davantage la bonne nouvelle, il est fort possible que le dollar canadien franchisse la barre des 80 cents US dans les prochains jours.

Pendant ce temps, les cambistes jouent le dollar canadien en position longue, rapportent les sites spécialisés tels MarketWatch et DailyFX.

En effet, la conclusion d’un accord qui ouvre préserve le mécanisme de règlement des différends commerciaux et maintient l’accès au marché automobile américain pourrait bien doper la croissance canadienne.

Ce qui amènerait la Banque du Canada à profiter de la très bonne situation macroéconomique du pays et d’un horizon plus clair grâce au nouvel accord commercial nord-américain pour remonter le taux directeur à la fin octobre.

Ajoutons à cela que les cours pétroliers sont en hausse, portant davantage le huard, et on se retrouve avec un dollar en hausse pour une bonne période.

Sauf que. La flambée du dollar canadien pourrait bien n’être que le résultat des transactions sur le marché des changes, alors que les achats de dollars canadiens ont fait grimper sa valeur.

On achète la nouvelle, après avoir vendu la rumeur, en somme.

Le blogue politico-financier ZeroHedge explique que le dollar canadien pourrait bien n’être que victime de son succès, et perdre de son lustre dans les prochaines semaines.

d’abord parce que les taux continuent de monter plus rapidement aux États-Unis qu’au Canada, ce qui incite le dollar US à se renforcer face au dollar CA.

Mais surtout, le pétrole en hausse a déjà donné un élan au huard. Et malgré la levée de l’incertitude quant à l’avenir des projets énergétiques, il reste que l’absence d’infrastructures pour exporter le pétrole canadien empêche de le pays de profiter de la hausse du prix du baril. Le Brent a franchi la barre 80 dollars US dans les derniers jours, et plusieurs le situe à 100 dollars US dans les prochains mois.

La corrélation entre la hausses des cours et la valeur du dollar CA est depuis quelques mois inversement proportionnelle : le huard perd quand le baril gagne.

Et même si les négociations ont abouti sur certains aspects, les menaces tarifaires sur l’aluminium et l’acier persistent. Et pourraient faire pression à la baisse sur le dollar CA.

« Le dollar canadien devrait terminer l’année sous 0,77 $ US et possiblement s’affaiblir aux alentours de 0,75 $ US en première moitié de 2019 », cautionnait d’ailleurs Desjardins dans les jours précédant la conclusion d’un accord.

Tout cela pour dire que la récente poussée de croissance du dollar CA pourrait bien être un effet passager.

 

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