Courtage et techno : les régulateurs doivent faire plus

L’ubiquité du numérique dans les services de placement n’est pas suivie par les régulateurs.

Et cela pose un réel problème, soutient Ian Russell, président de l’Association canadienne du courtage de valeurs mobilières.

Le lobbyiste en chef des conseillers en placement du pays exhorte ainsi les régulateurs à apporter des changements « structurels » structurels à la réglementation, afin de permettre aux courtiers de rehausser l’expérience client.

« La réglementation est traditionnellement compartimentée en fonction des diverses catégories de personnes inscrites qui offrent différents produits et services financiers. Or, l’innovation financière favorise un regroupement sur la même plateforme numérique des activités menées par un conseiller financier. »

Les clients en veulent plus, et plus rapidement, mais le fardeau réglementaire reste important pour les courtiers.

 

Des coûts

Cela engendre d’importants coûts pour les courtiers : rares sont ceux qui peuvent se permettre d’engager autant de dépenses, en même temps qu’elles doivent assurer des standards élevés de conformité.

Ainsi, depuis 5 ans, « 17 sociétés de détail indépendantes ont fusionné, ont été acquises ou ont fermé leurs portes. (…) Malgré des réajustements opérationnels et structurels majeurs, et les coûts pour satisfaire aux besoins technologiques et informatiques, il reste environ 90 sociétés de détail indépendantes en activité » qui ont les moyens d’utiliser la technologie et de répondre aux attentes de tous.

 

 

Le président de l’ACCVM insiste donc pour les organismes de réglementation se pose la question : est-ce que la réglementation ne minerait pas l’innovation?

L’un des murs réglementaires les plus importants est celui des silos entre les divers types d’investissements. Une plateforme unique, pour les fonds communs et les actions, par exemple, permet une meilleure expérience pour le client. Mais les bâtons réglementaires mis dans les roues de l’industrie pourraient bien miner ce genre d’initiative.

 

Mettre fin aux silos

« L’approche compartimentée (…) qui distingue entre les personnes inscrites empêche l’application d’une technologie qui partage l’information entre tous les fournisseurs », soutient Ian Russell.

Et le rythme de l’innovation risque fort de s’accélérer, changeant rapidement les pratiques commerciales.

La réglementation doit suivre, ou à tout le moins donner la possibilité aux acteurs d’évoluer.

Dans l’immédiat, on devrait au moins permettre aux sociétés traditionnelles de bénéficier des mêmes contraintes que les sociétés purement technologiques.

Ainsi, les règles et réglementations modifiées pour satisfaire les entreprises de technologie financière devraient s’appliquer intégralement aux sociétés de courtage en valeurs mobilières ».

La réglementation devrait aussi permettre le partage d’informations sur les clients d’une société qui font affaire avec d’autres personnes, produits et services de la même société, peu importe la plateforme.

Il en va de la qualité de l’expérience client. Et de la survie des indépendants.

 

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