Cannabis : ce qu’il faut savoir avant d’investir

Vos clients vous parlent de placements dans le cannabis? Voici les risques auxquels ils doivent s’attendre.

L’industrie naissante du cannabis pourrait bien livrer de bons rendements aux investisseurs. s’ils tiennent compte du risque inhérent à toute industrie naissante en général, et à celle du cannabis en particulier.

Le chroniqueur investissement du Toronto Star David Olive identifie 4 risques principaux dont les investisseurs doivent tenir compte.

 

  • La spéculation

La bulle du pot défraie la chronique, et ce n’est pas pour rien. « Dans l’immédiat, tous les titres de pot sont beaucoup trop dispendieux pour se qualifier comme investissement à long terme », observe le Star.

Par exemple, le titre de l’Ontarienne MedReleaf Corp., championne de l’industrie en termes de ventes et de développement de produit, se transige à des multiples atteignant 1 074. Avec un tel ratio cours-bénéfices, est-il besoin de préciser la surenchère qui afflige le cours de l’action? En comparaison, le ratio cours-bénéfices d’Apple, un titre réputé surévalué, est de 19…

 

  • L’ingérence politique

Si vous pensez que les cours pétroliers sont les plus vulnérables à la politicaillerie, vous n’avez rien vu. Le chroniqueur du Star remarque ainsi que les valeurs cannabistiques ne sont effondrées cet hiver quand la Justice américaine a semblé vouloir faire la guerre aux fumeurs de joints.

OK, les États-Unis n’ont pas les ressources pour livrer une bonne vieille « guerre à la drogue », mais même si le pot est légal dans 36 États, il reste illégal au niveau fédéral.

Des saisies des autorités restent donc possibles chez l’Oncle Sam.

La Bourse de Toronto contemple en outre l’idée de désinscrire les titres des sociétés américaines qui seraient non conformes à la législation fédérale américaine. Cela pourrait affecter les valeurs des sociétés canadiennes qui ont des actifs aux États-Unis.

Cela donne par contre une longueur d’avance aux entreprises qui opèrent au Canada exclusivement.

 

  • La concurrence

Il y en a beaucoup trop. Même avec une valeur projetée de 27 milliards de dollars en 2021 pour cette industrie, l’industrie de la mari ne sera pas assez grande pour tout le monde.

Déjà, 259 sociétés publiques sont inscrites en bourse. C’est la cohue.

Cela augure un fort vent de consolidation, ce qui fera beaucoup de dommage chez les joueurs mal qui y sont mal préparés. Et cette consolidation signale que plusieurs investisseurs perdront de l’argent, notamment avec les titres des petits joueurs sous-capitalisés.

Sans compter que les revenus des marchands de pot canadiens ne sont que de 119 millions de dollars à l’heure actuelle, une somme famélique eu égard à la capitalisation anticipée de l’industrie, qui avoisine les 10 milliards de dollars.

En clair, pour les investisseurs prudents, le cannabis est encore trop incertain pour la santé des portefeuilles. D’autant que l’on assiste encore à de violentes poussées boursières, issues d’une forte volatilité.

Mais pour en tirer profit, il faut savoir s’adonner au « market-timing », une proposition audacieuse s’il en est une. Tout cela est le signal que c’est la patience qui sera rentable : l’exemple de l’automobile de la bière et des technos enseigne qu’il faudra au moins 5 ans pour que les bons joueurs sur lesquels miser émergent.

Dans l’immédiat cependant, tenter d’identifier les gagnants, c’est comme « jouer à saute-mouton avec une licorne », conclut David Olive.

 

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Description de l'auteur

Une réponse to “Cannabis : ce qu’il faut savoir avant d’investir”

  1. septembre 2, 2018

    SS Répondre

    Apple surévaluée!? Amazon vaut 1900 dollars peut-être? Refaites vos calculs.

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