Asteris : La révolution du conseil indépendant

Assurer la survie et l’expansion du conseil indépendant par une plus grande transparence des conseillers, telle est la mission du mouvement Asteris, officiellement lancé ce jeudi…

S’il avait le projet en tête depuis 2015, ce sont les soubresauts qui secouent actuellement l’industrie financière – dont le PL 141 qui remet en cause l’existence de la Chambre de la Sécurité Financière (CSF) – qui ont convaincus Daniel Guillemette de lancer le mouvement Asteris.

Certains pourraient associer le nom du projet avec le gaulois Astérix des bandes dessinées, figure de rébellion contre l’envahisseur, mais Astéris a une étymologie plus poétique puisqu’il vient du terme «astérisme», qui désigne une constellation d’étoiles brillantes et indépendantes qui guident les populations.

Guider les gens, voilà l’objectif de Daniel Guillemette qui estime que le PL 141 fait voler en éclat la protection des consommateurs, comme il l’a expliqué ce jeudi, aux côtés de son collègue VP Développement des affaires Tristan Laliberté, devant une trentaine de conseillers réunis à l’Hôtel W au centre-ville de Montréal.

Trois cartes pour se distinguer

Le mouvement, dont le site web a été lancé ce jeudi, joue ainsi trois «cartes distinctives» : la Transparence, l’Objectivité et l’Indépendance.

Les conseillers «certifiés Asteris» s’engagent à indiquer les commissions qu’ils reçoivent sur chaque produit financier ainsi que celles que reçoit l’agent général qui les encadre et les soutient dans leur pratique.

Remettre l’intérêt du client au centre du conseil est l’idée-maîtresse du projet Asteris. Pour M. Guillemette, il est impératif que le public sache faire la différence entre un conseiller indépendant et un autre qui ne l’est pas.

«Il faut que le consommateur se demande: “qui dit à ce conseiller de me donner des conseils?”», explique le président de Diversico, Experts-Conseils. Le client doit entre autres prendre conscience qu’il peut exister parfois des formes de conflits d’intérêts pour un conseiller à rémunération à salaire fixe.

En plus de pouvoir démontrer qu’ils ont refusé toute forme d’influence externe, les conseillers «Asteris» doivent aussi être capables de justifier leurs recommandations dans chacun des dossiers qu’ils présentent. Enfin, ils doivent proposer des options diversifiées provenant de plusieurs fournisseurs de produits financiers, qu’il soit question de placements ou d’assurances.

Quant à savoir qui jugera du bon respect de la philosophie et des promesses du mouvement par les conseillers, M. Guillemette explique qu’un organisme externe se chargera d’effectuer des audits ponctuels de leurs opérations.

Le mot d’ordre est «transparence»

Interrogé par Profession Conseiller, M. Guillemette soutient que les bénéfices de la transparence sont immédiats.

«Pour le client, il s’agit d’un discours unique qui permet de nous distinguer des compétiteurs, ajoute-t-il. C’est notre élément distinctif personnel face aux institutions financières et aux assureurs.»

Cette volonté de transparence, véritable «ADN» de son mouvement, n’est pourtant pas toujours accueillie avec le plus grand enthousiasme par les conseillers, comme il a pu le constater sur le terrain. D’abord, parce que leurs rémunérations sont parfois astronomiques (il plaide pour sa part pour une rémunération «nivelée»). Ensuite, parce que leurs habitudes peuvent être dures à défaire.

«On n’a jamais parlé de ça avant. L’obscurité est vraiment le mode de fonctionnement passé, mais aussi présent. Leur peur de perdre une vente dans l’année l’emporte sur la possibilité hypothétique d’en gagner quatre», déplore-t-il en entrevue.  

Faire entendre leur voix

Cela dit, M. Guillemette compte bien attirer la curiosité du public avec une telle proposition qui rompt, selon lui, avec le passé. Une campagne marketing va donc être déployée. Un jour, peut-être, Asteris sera assez fort pour exercer une forme de lobbying, espère-t-il.

Pour l’instant, les conseillers Asteris désirent faire entendre leurs voix au sein d’une industrie qui n’aide pas vraiment le conseil indépendant, comme l’indique M. Laliberté lors de la conférence.

Entre les régulateurs qui augmentent constamment le fardeau réglementaire, ce qui a pour effet une hausse des dépenses des conseillers, le FISC qui réduit les avantages concurrentiels des produits d’assurances ou encore la concurrence des banques aux images sécurisantes avec lesquelles il est ardu de rivaliser, il devient difficile de survivre, selon lui.

«On ne proposera pas de solution-miracle aujourd’hui mais on va reprendre le contrôle de notre avenir, de notre image professionnelle et de notre réputation!» lance-t-il, convaincu que le mouvement imprimera sa marque dans le futur.  

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